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lundi 3 avril 2017

L'inventeur du selfie

Toute sa vie n'aura été qu'une suite ininterrompue de tentative de laisser une trace dans l'histoire. Pour commencer, il y a le costume de super héros : chemise blanche et costume négligé afin de toujours paraître telle une icône. Promenant son effigie de guerre en guerre, accompagné de son staff de photographe et ses gardes du corps, il restera finalement dans l'histoire de l'humanité comme l'inventeur du selfie. Grace à cela, son nom ne sera pas oublié. Seulement sera t-il moqué.

Et si ses successeurs dans l'art futile de s'admirer en photographie se contentes de diffuser des "moi' innocents dans la salle de bain, "moi" à la plage, "moi" dans ma voiture, dans mon lit ou dans celui d'une rencontre de passage, son inventeur tente inlassablement de donner un erzats de sens à son invention en apparaissant que là où la mort rode (après avoir pris soin, d'une part de s'assurer qu'il n'y a pas de risque de salir son costume et d'autre part que la mort ne concerne que les autres).

Le site internet tempsreel.nouvelobs.com nous donne un aperçu de son invention : BHL à Sarajevo (1992), BHL au Darfour (2007), BHL en Irak (2015), BHL face à DAESH...
Allant jusqu'à encourager les va en guerre pour trouver de nouveaux sujets de selfie, nous lui devons une part de responsabilité dans la chute mortel de Kadhafi qui à mené à l'embrasement du Mali puis au développement des sectes islamiste radicales dans la sous région.

Au moins avons nous cette chance, à Ouagadougou qu'il n'y ai jamais mi les pieds pour y montrer sa tête.

jeudi 16 mars 2017

Insécurité routière

Plus que les balles perdues des militaires en colère, les pneus lisses ou crantés sont les armes les plus létales de la capitale. Un sociologue se penchera t-il un jour sur les raisons qui poussent des milliers de burkinabè à délaisser toute forme d'intelligence dès lors qu'on leur place un guidon, ou pire un volant entre les mains et qu'ils finiront par se prendre entres les dents.

Ouagadougou, le 1er décembre 2016
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 105 mm
                  f/5.6
                  1/1 250 s
                  ISO 320

La présence policière aux feux tricolores est salutaire tant l'insécurité routière gangrène la ville. Elle reste pourtant inutile. On continue à bafouer quotidiennement le bon sens tricolore. Y a t-il quelque chose de logique à vouloir en permanence gagner quelques secondes en grillant un feu rouge, à remonter une avenue à contre sens pour éviter un ralentissement, à couper la route des autres usagers, à prendre les ronds point à contre sens, quand la quasi totalité des citoyens ouagalais ont, quoi qu'il arrive, systématiquement deux à trois heures de retard à tous leur rendez-vous ? Vos quelques secondes valent-elle de se retrouver à plat ventre, face contre le bitume sous le pare-choc d'une vieille Mercedes ?

Ouagadougou, le 1er décembre 2016
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 99 mm
                  f/5.6
                  1/1 250 s
                  ISO 320
A l'évidence, tout le monde ou presque répond par un oui franc et irrévocable. Ils sont rares les casques sur les motos, les freins sur les vélos, les ceintures de sécurité dans les automobiles, les clignotants sur les croisements... Alors que les klaxons et les coups de frein rivalisent en nombre avec les motos couchés en travers de la route, perdant leur huile tandis que leurs propriétaires perdent leur sang (froid). Il n'y aura bientôt plus assez d'arbre à Ouagadougou, décimés qu'il seront par le nombre de véhicules morts ou blessés que l'on s'efforce de protéger des autres usagers en les signalant par des branches arrachées. Au rythme où vont les véhicules les uns contre les autres, la repousse des branches ne sera jamais assez rapide pour compenser les arrachages.

Burkina Faso, le 29 juin 2013

                  CANON EOS 60D / Canon EF-S 55-250 mm F/4-5.6 IS II
                  Distance focale : 55 mm
                  f/5.6
                  1/320 s
                  ISO 100


Alors, quand le sol burkinabè sera devenu aussi désertique que celui du Niger, il sera temps, peut-être, de se demander comment nous en sommes arrivé là et enfin, de changer de comportement. En attendant, nous continuons bêtement de remplir les hôpitaux et les cimetières de citoyens défigurés, à la vie à la mort par le bitume et la bêtise humaine.

mercredi 1 mars 2017

word press photo 2017

Chaque année, le résultat du concours word press photo est attendu par tous les acteurs de la profession. Chaque année, il frappe fort là où on ne l'attend pas vraiment. Et chaque année, il traine derrière lui son lot de protestations, scandales ou désapprobation. généralement, les photographes eux-mêmes s'insurgent contre les choix du jury. Soit que la photographie ne soit jugée trop retouchée (Paul Hansen en 2013) où trop mise en scène, voir truquée (Giovanni Troila en 2015)...

© Burhan Ozbilic, 2017


Cette année, grande innovation, il s'agit d'une protestation politique. Autant dire qu'il s'agit d'une tempête dans un verre d'eau. Qui se soucis en effet de savoir que la Russie ou la Turquie désapprouvent l'excellent cliché du photographe Burhan Ozbilici, montrant l'assassin de l'ambassadeur russe juste après l'accomplissement de son crime. Les journalistes, les photographes et le Word Press photo n'ont pas à prêter la moindre attention aux (arrières) pensées, donc très arriérées, de quelques-uns des dictateurs de la planète. En revanche, ils ont à rendre compte de la réalité des faits, avec professionnalisme et efficacité. Et tout cela est réuni dans le cliché primé cette année.
La rigueur du cadrage est exemplaire. Surtout si on se replace dans le contexte de prise de vue ; une fusillade nourrit dans une salle bondée de monde. Un cadavre encore chaud et la menace d'une mort imminente pour toutes les personnes présentes, y compris le photographe lui-même. Pourtant, la prise de vue reste exemplaire. L'image produite, fidèle dans les moindre détails à la réalité, n'en est pas pour autant vulgaire ou arrogante comme il serait facile de la faire avec un tel évènement : le visage de la victime est dissimilé par son corps, le sang n'est pas visible, bref toute la cruauté du crime nous est épargné sans rien travestir de l'action en cours. Il s'agit là d'une rare et puissante maîtrise du travail journalistique de la photographie qui mérite amplement la reconnaissance de la profession.
Certes, on entendra que montrer un cadavre est révoltant, mais la manière dont il est exposé à nos regard est respectueuse de la victime. Certes on trouvera des idiots, jusque dans l'ambassade de Russie à Ankara, pour s'offusquer de la mise en avant du criminel, mais effacer les salauds ne les rendra pas invisible ni inexistant. Certes le photographe n'a fait que se trouver au bon endroit au mauvais moment, mais peu de professionnel, soudainement plongé sans s'y attendre dans pareille situation n'aurait su si bien accomplir leur travail. Car, je site Burhan Ozbilici lui même au lendemain de la prise de vue “Il me faut quelques secondes pour réaliser ce qui s’est passé. Un homme est mort devant moi. Je suis terrorisé et confus mais je parviens à m’abriter en partie derrière un mur et je fais mon job : prendre des photos

Et si les autorités russe ou turque ne sont pas d'accord, ils en ont le droit tout comme nous avons le droit de ne pas nous préoccuper de leur opinion dès lors que nous ne sommes pas citoyen de l'une ou l'autre de ces dictatures.

jeudi 16 février 2017

Optimiser n'est pas tricher

La plupart des propriétaires d'un appareil permettant la prise de vue photographique se contentent du format jpeg, si pratique à l'usage : il est léger et lisible par tout système informatique. De ce fait, pour le grand public, faire une photographie revient à appuyer sur un bouton et immédiatement en visualiser le résultat. Certains, désireux d'aller plus loin passent ensuite par Gimp ou photoshop pour corriger les défauts de prise de vue et éliminer les détails disgracieux. Ce qui peut aller jusqu'au trucage pure et simple de la photographie.
Le grand public a donc du mal à comprendre pourquoi les clichés publiés par les photographes de métier diffèrent parfois beaucoup de la qualité obtenue au moment de la prise de vue et la tentation est grande de qualifier de tricherie ce que nous autre photographes appelons optimisation. L'erreur provient d'un méconnaissance de ce qu'est une image numérique.

Voûte étoilée, brute de prise de vue, au zénith de Ouagadougou, le 11 février 2015
                  CANON EOS 60D
                  Distance focale : 18 mm
                  f/4.5
                  30 s
                  ISO 800

Nos "ancêtres", qui travaillaient en pellicules noir&blanc comprennent bien que le négatif n'est qu'un support qui doit être exploité, optimiser sous l'agrandisseur : certaines zones doivent être surexposées pour en faire ressortir les détails les plus lumineux, d'autres sous exposés ou sous contrastés. Faire un tirage photographique noir & blanc revient à une gymnastique des mains pour embellir le résultat de la prise de vue. Avec le passage à la pellicule couleur, on a souvent laissé à une machine le soin de procéder au développement. Raison pour laquelle les plus grands photographes ont souvent préférer rester en noir et blanc afin de maîtriser cette étape cruciales du tirage papier qui permet de sublimer une prise de vue.
Pour le grand public, développer un fichier numérique n'a pas de sens, d'où l'incompréhension de ce que nous appelons optimisation d'une photographie. Optimiser une image, cela signifie exploiter le maximum d'informations contenuent dans un fichier numérique. A ce stade là, un peu de technique s'impose. Le format jpeg, comme pratiquement toutes les images numériques que nous voyons sont constituées de trois couches de couleurs : une couche Rouge, une couche Verte et une couche Bleue (communément nommé RVB). En informatique, chaque couche est codé sur 8 bits. Chaque bit ayant deux valeurs possibles (1 ou 0), il y a 256 valeurs possibles pour chaque couches. Une image numérique comprend donc au maximum 256 x 256 x 256 nuances possible. Soit un total de 16 777 216 nuances possible. C'est prêt de dix fois plus que ce que l'œil humain peut discerner, cela est donc suffisant pour afficher correctement une image. Et cela laisse même un peu de marge pour quelques améliorations mineures.

Mais les appareils photographiques professionnels ou semi-professionels sont capable de travailler en 12, 14 (voire même 16 bits par couche pour les plus hauts de gamme), à condition d'utiliser le format brut plutôt que le jpeg.
Or, en 14 bits par couche, c'est le cas de la plupart des boitiers actuels, il y a 16 384 nuances par couche. L'images peut alors contenir au maximum 16 384 x 16 384 x 16 384 nuances soit : 4 398 046 511 104 nuances (autrement dit près de 4 400 milliards de nuances possibles). Notre œil ne les discerne pas, mais l'appareil photographique les capte et les enregistre dans le fichier brut de prise de vue.
En enregistrant au format jpeg, le boitier compresse en 8 bits par couche l'image captée. Ce qui revient à ne garder que 0,000 381 47 % du nombre de nuances possible saisies par le capteur photosensible. Une telle perte d'information (99,999 618 53 % de perte) ne permet pas d'optimiser sérieusement la prise de vue.
Le photographe qui travaille en format brut conserve, lui, l'ensemble des nuances captées. Il lui est donc possible, grâce à des logiciels adaptés, de travailler sur ces nuances et de les rendre visible. Voila en quoi consiste l'optimisation sans tricherie.

Voûte étoilée au zénith de Ouagadougou, optimisée par Dxo Optic Pro, le 11 février 2015

Un beau ciel étoilé ne contient que quelques nuances de couleurs en jpeg, mais il sera composé de plusieurs milliards de nuances en format brut. En jouant sur le contraste, le saturation, la température et la luminosité de ses nuances (comme on le faisait autrefois sous l'agrandisseur), il sera possible de faire apparaitre le moindre détail de la voute céleste. Ainsi, optimiser une prise de vue revient à travailler avec l'ensemble des informations de couleurs enregistrées par le capteur, dont la sensibilité est démesurément plus fine que l'œil humain. Dès lors, la tricherie en photographie ne commence que lorsque on utilise un logiciel pour ajouter une information non perçue par le capteur.
Le potentiel d'optimisation est considérable, ce qui explique en partie la différence de qualité observable sur une photographie professionnelles par rapport à un jpeg amateur (ne négligeons pas également le choix du boitier et des optiques ainsi que les réglages manuels et le cadrage, qui sont les premières formes d'optimisation de la prise de vue).

En complément, vous pouvez consulter deux posts récents de ce blog relatant un retour d'expérience de traitement sans tricherie de fichiers bruts :

vendredi 27 janvier 2017

L'américain de Boromo

Extrait d'un ouvrage photographique publié sur le site Lulu.com en 2009.

Boromo, le 15 novembre 2007
                  CANON EOS 60 D
                  Distance focale : 55 mm
                  f/5.6
                  1/125 s
                  ISO 200

Boromo, comme toutes les villes burkinabè est une ville sale. Partout, même à l’entrée de la brousse, le sol est jonché de sacs en plastique, de morceaux de tissus et de mégots. Les piles électriques sont dispersées dans les champs comme de vulgaires détritus organiques. D’ailleurs rien n'est prévu pour collecter les ordures : aucune poubelle aux coins des rues sinon des remblais sauvages autour des quartiers les plus peuplés et pas même des cendriers dans les bars dont le sol demeure parsemé des capsules de bière et de Coca-cola.
Avant le plastique, l’Afrique cuisinait dans des récipients en terre cuite ou en fonte. Les bols et les cuillères provenaient de la coque des calebasses et on s’asseyait sur du bois. Quand l’un de ces objets se cassait, on savait le réparer, jusqu’au jour où, n’étant plus en état d’assurer sa fonction, on le jetait devant sa cour. Là, il achevait de se dégrader sous les pas, le ruissellement des eaux de pluie et l’estomac des animaux en liberté. Mais personne n'ai venu expliquer comment réparer le plastique. Personne n'a présenté les risques liés à l’emploi des matières synthétiques ni l’incapacité pour la nature de ce débarrasser de tels matériaux. Alors ils restent souvent là, brisés devant l’entrée de la cour, à se décolorer sous le soleil, sans pour autant se désagréger.

Une maigre silhouette désarticulée arpente les rues souillées de la ville, les bras encombrés de morceaux de ces plastiques en fin de vie. Il est le seul, ici, à se préoccuper de propreté urbaine lorsqu’il entasse ces immondices qui ne pourrissent pas. La tâche est rude pour un seul homme quand dix milles autres consomment et jettent quotidiennement. Autant dire qu’il est dépassé.
Certains avaient compris l’intérêt de sa démarche, sans toutefois s’investir à sa hauteur. Quand la ville se réveille, les femmes et les commerçants lui tendent quelques rondelles métalliques ciselés du francs CFA, pour ramasser les emballages qui encombrent l’entrée de la cour et la devanture des boutiques. De petites sommes qui financent sa bière et ses cigarettes.
Et pas même une brouette ou une planche à quatre roues pour optimiser le ramassage. Rien qui ne puisse aider à la besogne, seulement une démarche désossée et des bras maigres, bien trop fins pour contenir autant de plastique éparpillé par les hommes puis dispersé par les vents. Les écologistes sont des gens seuls ici comme ailleurs.

Pour tous, il est l’américain.
De lui on se moque à Boromo. Pourtant, il y a de l’affection dans les moqueries. Et le coup de pied qui le chasse n’a pas pour but de faire mal. C’était seulement la manière la plus efficace de faire déguerpir ce type qui n’écoute rien et ne fait jamais entendre le son de sa voix. Son esprit est possédé, mais dépourvu de méchanceté. L’américain est un homme à part entière, respecté dans sa folie.
Son soucis de propreté urbaine révèle une coquetterie inattendue. Parmi les denrées qu’il glane, il extirpe avec choix les morceaux de tissus et les fringues insalubres dont il s’orne. La veille, il portait un pull Gucci de friperie qu’il a échangé aujourd'hui pour une chemise de coton rapiécée.

Boromo, le 27 octobre 2002
Plus impressionnantes sont ses coiffes, parfois si lourdes qu’il lui faut les retenir de la main pour ne pas s’arracher le cuir chevelu. Alors quand les autorités locales décident de lui raser la tête à défaut de lui laver, il déambule paré d’une perruque de femme, déterrée d’un lieu inconnu. C’est en punk rasta qu’il patiente la repousse de sa chevelure.

Chacun sait à Boromo qu’il n’a pas toujours été ce fou crasseux, nettoyeur du bitume. Il n’a toutefois plus guère d’atout pour plaire : un déhanchement dans la démarche qu’on n’observe généralement que sur les podiums de Jean Paul Gautier, un mutisme permanent et un regard inquiétant de sévérité.
Probablement est-il instruit, sans doute lettré. Suffisamment intelligent en tout cas pour faire un bon douanier, puisque c’est la profession qui fut la sienne avant de devenir l’américain de Boromo.
Mais douanier est un métier dangereux. Il n’est déjà pas simple pour tout un chacun de se préserver de mauvais génies et des esprits de la brousse. Le douanier doit en plus subir la méfiance, voir l’hostilité des hommes, bons ou mauvais. Comme dans toute société, les citoyens ne font pas toujours preuve d’une rigoureuse honnêteté.
Lui qui se soucie de l’apparence de son grand corps, prenait sans doute soin d’un uniforme repassé jusqu’au plis du pantalon, épousseté jusqu’aux épaulettes. La poussière rouge adhérait au cirage de ses bottes au cuir entrenu. Et sans doute plaisait-il aux femmes.
Que ce soit un mari jaloux ou les trafiquants d’or et d’ivoire, il gênait. Un sorcier empoisonneur fut désigné pour exercer sa plus détestable activité, ce qu’il fit avec médiocrité. C’est de cette manière que disparut le douanier.

Boromo, le 22 octobre 2002
Il n’est certes pas mort le douanier, seulement désormais, il s’habille des déchets éparpillés et on l’appelle l’américain. Perdant la raison, son emploi et son statut social, il n'est plus alors qu’une caricature de lui même : un homme soigné et misérable. Mendiant son existence et ne supportant pas le désordre et la saleté des rues devenues son logis.

Il ne s’est pas reconnu sur le tirage photographique que je lui ai donné, la dernière fois que je l'ai vu en 2008.

dimanche 15 janvier 2017

Un logo pour pas cher

Il y a de l'ennui et de la tristesse dans le regard de cette jeune pompiste de Ouagadougou. Elle travaille pourtant dans l'une des stations services les plus comiques de la capitale burkinabè. Il suffit d'observer l'enseigne de cette société pour comprendre l'origine du malaise.

Station service, Ouagadougou, le 18 novembre 2016
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 28 mm
                  f/6.3
                  1/400 s
                  ISO 250

Ce logo sur la façade ne vous dit rien ? C'est à se demander si son auteur ne serait pas le même que le coupable de la création de l'affiche du FESPACO 2017. J'espère que le DG de cette chaîne de station services n'a pas acheté sa création graphique trop cher... car même gratuite, c'est cher payé que de se contenter de pirater le logo de la poste (devenue Banque Postale) et celui de la chaîne de supermarché Carrefour... pour créer l'identité visuel bancale d'une société de distribution d'hydrocarbure.



J'ai beau retourner la chose dans tous les sens, je ne vois pas comment justifier la réutilisation de la fusée postale, création de Guy Georget en 1960 ; en association avec le magnifique "C" de Carrefour, créé en 1966. Quel lien graphique, quelle justification symbolique ce copié-collé peut-il avoir ? Car si le graphiste auteur de ce méfait est un piètre créatif, il est en revanche un virtuose du téléchargement sur internet et certainement un sacré baratineur pour parvenir à convaincre un chef d'entreprise qu'il s'agit là du meilleur logo que sa société puisse acquérir.

Voila malheureusement en quoi se résume trop souvent la création graphique burkinabè : un copié-collé irréfléchi et ridicule. Le plus navrant, c'est qu'en face d'eux, se trouvent des chefs d'entreprise, probablement désireux d'aller au moins cher, et qui n'éprouvent aucune gêne à acheter et exhiber le pillage graphique de marques connues à l'internationale, pour créer leur propre image de marque. Que deviendra ce logo le jour où Carrefour décidera d'ouvrir une grande surface à Ouagadougou ? Le pillage des photographies sur internet est une faute grave dont se moquent les créateurs graphiques. Mais le pillage des logos déjà existant ajoute de la stupidité à la faute.

mercredi 4 janvier 2017

Bonne année 2017


A tous les visiteurs,
occasionnels ou réguliers,
je vous propose de multiplier les bonheurs pour
une excellente année
2017