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jeudi 25 juillet 2019

Ouaga Emoi – rush de prise de vue



six mètres, Ouagadougou, le 9 août 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 24 mm
                  f/4
                  1/800 s
                  ISO 500

Après plus de deux mois à arpenter le sol ouagalais, j’ai produit un millier de clichés sur la ville et le quotidien de ses habitants. Il y a toujours une part de frustration à devoir faire une sélection draconienne pour respecter la pagination d’un livre collectif. Ne reste dans l’ouvrage publié qu’une quarantaine de ces clichés. Ca ne remet pas en question la qualité du livre, qui a, de plus, bénéficié d’un excellent savoir-faire de la part de l’imprimeur d'Abidjan mais la plus grande partie du travail fourni  sommeille désormais au tréfonds d'un disque dur sans possibilité de le montrer.

Suffisamment de clichés pour produire un ouvrage supplémentaire. De quoi fournir un petit rab d’images pour les yeux qui ont apprécié Ouaga Emoi. Et, je l'espère, de quoi donner envie à ceux qui n'ont pas encore feuilletés le livre, de se précipité pour le découvrir et l'intégrer à leur bibliothèque.

VADS, Ouagadougou, le 14 août 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 55 mm
                  f/9
                  1/1 000 s
                  ISO 200

Le long du goudron, Ouagadougou, le 27 juillet 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 67 mm
                  f/5.6
                  1/100 s
                  ISO 640

Hippodrome, Ouagadougou, le 26 août 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 32 mm
                  f/4
                  1/600 s
                  ISO 500

Foot de rue, Ouagadougou, le 18 juillet 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 47 mm
                  f/6.3
                  1/320 s
                  ISO 400


Dolotière, Ouagadougou, le 5 août 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 24 mm
                  f/4
                  1/60 s
                  ISO 640


Salon de coiffure, Ouagadougou, le 24 juillet 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 28 mm
                  f/4
                  1/30 s
                  ISO 1 000


Maraîcher dans les quartiers non-lotis,, Ouagadougou, le 9 août 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 105 mm
                  f/4
                  1/320 s
                  ISO 500


lundi 15 juillet 2019

Ouaga émoi



Ouaga Emoi est un beau livre qui raconte la ville de Ouagadougou par la photographie et de courts textes d’auteurs burkinabè. A l’origine de ce projet, une éditrice de Dakar, Ghaël Samb Sall, des éditions Vives Voix, qui avait déjà réalisé Dakar Emoi. D’abord contacté en tant que photographe, c’est également en tant que directeur artistique que j'ai participé à l’aventure.


Bronze en l'honneur de la femme, Ouagadougou, le 9 août 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 28 mm
                  f/4
                  1/1 000 s
                  ISO 160


Vente de pagnes, Ouagadougou, le 9 août 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 24 mm
                  f/4
                  1/640 s
                  ISO 500

Il s’en suivra trois mois de prises de vue photographiques des rues de la ville de Ouagadougou durant la saison des pluies 2018 : les quartiers populaires, les grandes artères, le centre ville, ses commerçants fixes ou ambulants. La circulation, les embouteillages de motos, les taxis en ruine, tout comme le goudron. Mais aussi un détour par les non-lotis, les quartiers plus modeste et moins visibles de la ville. J’établi mon programme au jour le jour, en surveillant le climat de mousson qui complique la tâche. Il faut attendre de beaux ciels, pas trop nuageux et une lumière que ne porte pas toujours la saison des pluies. Au cadrage, il faut jongler avec les étendues de boue peu esthétique et les déchets plastiques charriés par le ruissellement de l’eau de pluie.
Il n’est pas facile pour un photographe de travailler sereinement dans les villes africaines. Il y a beaucoup de méfiance voir de la crainte face à l’objectif. Il faut avant de déclencher l’obturateur prendre le temps de flâner, discuter avec les gens, expliquer qui je suis, d’où je viens et le but de mon travail. Une fois le dialogue établi, je retrouve une grande liberté de mouvement. Généralement, on m’invite à photographier des scènes auxquelles je n’aurais sans doute pas eu accès seul. On prend volontiers la pose devant mon regard de cyclope dès lors qu’il y a un dialogue fraternel. Même si les clichés trop posés ne sont pas mon centre d’intérêt, je les fais volontiers.

Vendeuse de fruits, Ouagadougou, le 1er août 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 24 mm
                  f/4,5
                  1/800s
                  ISO 400

Lavage des motos, Ouagadougou, le 24 juillet 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 32  mm
                  f/4
                  1/800 s
                  ISO 500

Une seule fois, à proximité de la cathédrale de Ouaga, j’ai du renoncer à une prise de vue, ayant repéré que j’étais suivi. Après une tentative d’agression, je suis parvenu à prendre la fuite. Finalement, mes agresseurs ont porté plainte contre moi, me dénonçant comme un terroriste en repérage. Ce qui m’a valu une demi-journée de garde à vue. J’ai finalement retrouvé la liberté sans suite judiciaire tout comme mes agresseurs qui, à ma connaissance, sévissent toujours impunément.

Sept autres photographes ont participé, de leur côté, à cette aventure : Amadou Cissé, Jean Claude Frisque, Sophie Garcia, Germain Kiemtoré, Sloane Leconte, Harouna Marané et Nomwindé Vivien Sawadogo.
Ayant récupéré leur clichés, il s’en est suivi un long travail de sélection, puis de lecture des textes afin de choisir les clichés les plus adaptés à chaque écriture, avant de passer, enfin, à la mise en page du livre. Au-delà de la qualité esthétique des photographies, de grands noms burkinabè rendent cet ouvrage indispensable à toute personne qui passe par Ouagadougou : Sa Majesté le Moro Naaba, Armand Roland Pierre Béouindé, Pierre Claver Hien, Édouard Ouédraogo, Irène Tassembédo, Albert Ouédraogo, Damien Glez, Émile Lalsaga, SMOCKEY, SMARTY, Clément Zongo, Bernadette Dao Sanou, François Bouda, Nour Dermé, Monique Ilboudo, Christophe Sawadogo et Ghaël Samb Sall.

La Maison du Peuple, Ouagadougou, le 9 août 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 32 mm
                  f/4
                  1/500 s
                  ISO 160

Hippodrome de Ouagadougou, le 26 juillet 2018
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM 
                  Distance focale : 35 mm
                  f/4
                  1/600 s
                  ISO 500

Le livre a été imprimé en février 2019. Il est depuis en vente en plusieurs lieux de Ouagadougou : dans les boutiques de l’hotel Laïco, à la boutique Iniva, à la Villa Yeri Suma et à la librairie Livres et loisirs.

vendredi 29 décembre 2017

La Fondation Dreyer

Dano est une petite ville de province qui demeurerait à peu près dans l'oubli si un homme n'avait décidé d'y établir une Fondation. Gisbert Dreyer est un architecte berlinois, persuadé à juste titre qu'un peuple n'est pas libre tant qu'il n'a pas atteint l'autosuffisance alimentaire. Cette affirmation exprime assez clairement le but et l'action de sa Fondation qui a en une quinzaine d'années, placé Dano au coeur du plus important exemple de développement social et économique du Burkina Faso. Loin de l'agitation médiatique des ONG internationales qui dilapident annuellement des fortunes en un développement qui tarde à s'afficher, la Fondation Dreyer, tout en discrétion, obtient année après année des résultats concrets qui forcent l'admiration.

Gisbert Dreyer, Dano le 24 octobre 2017
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 80 mm
                  f/4
                  1/320 s
                  ISO 800

Pourtant au premier regard, on s'interroge. La Fondation Dreyer surplombe la ville, au bord de la falaise d'une de ces grandes collines typiques de la région. Les lieux propres comme au premier jour foisonnent de végétations entre les bâtiments blanc climatisés. Dans la salle de restauration, est exposé un tableau sur bois, vraisemblablement réalisé par un artiste local et montrant les beaux bâtiments de pierre au sommet de la falaise derrière laquelle se couche le soleil alors que tout en bas  ne se trouvent que de modestes cases en banco. Il ressort de cette représentation comme un vestige d'une vision coloniale qui est en réalité bien trompeuse sur l'action de la Fondation Dreyer. La majorité des habitants de la ville sont des cultivateurs et l'apport des actions de Gisbert Dreyer, par le biais de sa Fondation, sur leur quotidien est immense et se mesurera sur plusieurs générations à venir.

Un producteur de riz sur sa parcelle près de Dano, le 24 octobre 2017
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 28 mm
                  f/8
                  1/250 s
                  ISO 125



Laurent Sédogo et les époux Dreyer, en visite  dans un bas fond aménagé près de Dano, le 24 octobre 2017
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 24 mm
                  f/4
                  1/640 s
                  ISO 320


La première étape a été l'aménagement du Bas fond de Dano, avec une importante retenue d'eau, désormais pleinement opérationnel et qui a profondément changer le quotidien de centaine de paysans. Dans la foulée, une des écoles les plus moderne du pays a vu le jour pour accueillir les enfants de ces producteurs, qui, hausse du niveau de vie aidant, préfèrent les voir apprendre à lire et écrire plutôt que de les obliger à travailler dans les champs dès le plus jeune âge. A moins de trente élève par classe, de nombreuses familles burkinabè envieraient de telles conditions de scolarité. De fait, tous les enfants de la ville sont scolarisés.

L'école maternelle de Dano, le 25 octobre 2017
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 24 mm
                  f/4
                  1/80 s
                  ISO 800



Les époux Dreyer en visite dans l'école de Dano, le 25 octobre 2017
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 45 mm
                  f/4
                  1/80 s
                  ISO 800


Désormais, pour reprendre l'expression de Gisbert Dreyer, le "nouveau champ de bataille" se trouve plus loin, dans les villages qui bordent Dano. Ainsi, depuis quelques années, de nouveaux bas fonds sont aménagés et les champs de riz se multiplient et prospèrent. Les producteurs bénéficient de l'expérience acquise par le Fondation et de son soutien pour produire un riz qui sera étuvé à l'énergie solaire dans l'usine locale. L'usine, opérationnelle depuis quelques années, est visible à l'entrée de la Fondation, reconnaissable à ses grandes paraboles de miroir qui focalisent la chaleur solaire sur des cibles métalliques où l'eau est portée à ébullition. A l'intérieur du long bâtiment, des femmes de la ville trient et mettent en sac  le riz étuvé prêt à la vente.


Usine d'étuve du riz à l'énergie solaire, Dano le 24 octobre 2017
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 55 mm
                  f/4
                  1/60 s
                  ISO 1 000



Triage du riz après étuvage, Dano le 24 octobre 2017
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 50 mm
                  f/4
                  1/125 s
                  ISO 1 000


Les époux Dreyer ne manquent pas de rendre visite chaque année à tous les acteurs et bénéficiaires de leur Fondation, qui, après Philippe Arnold, est désormais dirigée par Laurent Sedogo, ancien Ministre de l'agriculture. Ces visites sont l'occasion de faire le bilan des actions en cours et de mettre en place les projets futurs qui assure le rayonnement de Dano sur toute la province.

mercredi 29 novembre 2017

Le président Macron guidant le peuple burkinabè

Il est venu, il a parlé et son auditoire l'a applaudi.
Il faut dire qu'il a salué le côté marxiste de l'amphithéâtre qui l'accueillait, lui le président des extrêmement riches et des actionnaires.
Nous n'avons pas échappé à l'hypocrisie d'un président de plus, venu dire que la France-Afrique c'est fini, pour de vrai cette fois (tout comme l'avais fait les trois précédents présidents français).
Ce qui est déroutant surtout, c'est de voir autant de burkinabè l'applaudir et se masser le long des routes pour l'apercevoir et le saluer, comme s'il était l'oracle tant attendu.

Le Président Macron guidant le peuple burkinabè, Ouagadougou, le 28 novembre 2017
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 82 mm
                  f/10
                  1/640 s
                  ISO 400

Il me semble que cette sculpture de bronze devant les drapeaux des deux pays, à proximité de la Patte d'oie, résument tous les non-dits de ce voyage médiatique et bien pensant.
Nous la rebaptiserons donc : le président Macron guidant le peuple burkinabè

vendredi 17 novembre 2017

Sous un manguier de Boromo

Boromo, ville étape entre Ouagadougou et Bobo Dioulasso est pour beaucoup l'occasion d'un arrêt bière/poulet frit au bord du goudron.
Chaque passage dans cette ville m'impose une halte un peu plus longue. Comment en effet voir Boromo, sans passer par la cour de Bomavé Konaté? Le vieux manguier délivre inlassablement son ombre fraiche, à l'angle arrière de l'hôpital. A son pied, un amoncellement de copeaux de bois de fromager renseigne sur l'utilisation de ce lieu : il s'agit de l'atelier de sculpture en pleine rue où la fratrie Konaté, issue du village de Oury,  exerce son art face au portail vert de la cour familiale. A l'intérieur de l'habitation, s'entasse une centaine de reproduction des masques bwaba et des sculptures d'inspiration plus moderne ainsi qu'un nombre impressionnant de pintades en bois peint qui seront exposées en France dans les mois qui viennent. Le tout dissimulé sous la pénombre d'une végétation abondante.

Dans la cour de Bomavé Konaté, Boromo, le 26 octobre 2017
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 24 mm
                  f/4
                  1/60 s
                  ISO 2 000


Bomavé Konaté au travail, Boromo le 26 octobre 2017
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 24 mm
                  f/4
                  1/500 s
                  ISO 500


Sous le manguier, la daba traditionnelle demeure l'unique outil de travail des artistes. Un même manche pouvant accueillir alternativement toutes sortes de lames, plates ou courbes, larges ou fines. Contrairement aux sculpteurs de Ouagadougou qui  sont depuis longtemps passés à un stade semi industriel de reproduction de masque en délaissant les outils de leurs pères pour des machines outils "france au revoir".

Sous le manguier de Boromo, l'unique outil électrique est une radio qui diffuse le reggae et les chants traditionnels, bien que le rythme le plus présent soit celui de la daba qui frappe le bois avec précision.
Autour de Bomavé Konaté,  s'activent deux des sculpteurs les plus prometteurs du Burkina Faso par leur précision, leur amour des choses bien faites et leur calme dans le labeur. Izoumi Konaté, petit frère de Bomavé et Noa Konaté, neveu de Bomavé et fils de Tankien qui est bien connu des festivaliers africains dans le sud de la France. Ils ont le geste sûr et le regard affuté. A n'en pas douter, ils seront la génération prochaine des grands artistes du Burkina Faso.

Boromo le 26 octobre 2017
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 105 mm
                  f/4
                  1/250 s
                  ISO 500


Noa Konaté, Boromo, le 26 octobre 2017
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 60 mm
                  f/4
                  1/125 s
                  ISO 500


Yzoumi Konaté, Boromo, le 26 octobre 2017
                  CANON EOS 60D / CANON EF 24/105 mm f/4 L IS USM
                  Distance focale : 60 mm
                  f/4
                  1/100 s
                  ISO 500


Inlassablement, jour après jour, ils donnent forme au bois mort tandis qu'autour d'eux, les boromolais s'activent. Sur le tapis des rebus de bois, on prend le temps de discuter, on partage le dolo et la viande grillée et on prend des nouvelles des amis de France, de Suisse, de Belgique ou d'Allemagne. Certains d'entres eux, qui ne connaissent Bomavé que par ses voyages annuels en Europe, ferons un jour la traversée pour gouter à ces moments de calme sous le manguier de Boromo. Ils y découvrirons comment sont nées les milliers de pintades sculptées qui garnissent les galeries d'art occidentales.

samedi 28 octobre 2017

Photographe de plateau

En occident, l'usage est de cataloguer, d'étiqueter les professionnels. Ainsi si vous faite de l'animalier, vous ne pourrez faire que de l'animalier sous peine de passer inaperçu. Si vous êtes photographe sportif, il faudra se contenter d'immortaliser des jambes en short toute sa carrière. Les reconversions sont assez rares et nécessitent beaucoup d'énergie et de patience. Il existe quelques contre exemples, tel Yann Artus Bertrand, dont la plupart ignore qu'il fut durant quinze ans le photographe officiel du salon de l'agriculture de Paris. Il est ainsi passé du plancher des vaches aux cimes héliportées. Il a accomplit ces "deux professions" avec le même talent et la même précision, comme beaucoup de professionnels auraient pu le faire. Mais combien aurait réussi à atteindre la reconnaissance du public dans ces deux "professions" ?
Le Burkina Faso n'a pas tant d'états d'âme. Pour peut que vous ayez quelques compétences et de la volonté, si vous savez, avec talent, appuyer sur un bouton, vous serez alternativement photographe animalier un jour, sportif le lendemain, reporter ensuite puis illustrateur avant de tâter du côté des portraitistes.

Ouagadougou, tournage "Une femme pas comme les autres" de Abdoulaye Dao, le 28 novembre 2008
                  CANON EOS 300D / CANON LENS EF 50 mm f/1.4
                  Distance focale : 50 mm
                  f/5
                  1/320 s
                  ISO 400


Ouagadougou, tournage "Une femme pas comme les autres" de Abdoulaye Dao, le 29 novembre 2008
                  CANON EOS 300D / CANON LENS EF 50 mm f/1.4
                  Distance focale : 50 mm
                  f/5
                  1/15 s
                  ISO 1 600



Ouagadougou, tournage "Une femme pas comme les autres" de Abdoulaye Dao, le 30 novembre 2008
                  CANON EOS 300D / CANON LENS EF 50 mm f/1.4
                  Distance focale : 50 mm
                  f/5
                  1/20 s
                  ISO 1 600
Cette chance, ou cette liberté offerte à ma profession m'a ainsi mené parfois à flâner sur des plateaux de tournage de cinéma. Photographe de plateau est un peu à part dans la carrière de photographe. Il faut être en phase avec le réalisateur, mais aussi le cadreur : à quoi bon cadrer en grande distance focale si le film est tourné au grand angle. Car il faut que les photographies retranscrivent au mieux l'esthétique de la vidéo.  En revanche, passé l'aspect technique, tout le reste est dans la facilité. Il y a en effet peu de situation où tout ce qui se présente à votre vue est déjà pensé et organisé par des professionnels : un éclairagiste pour l'ambiance lumineuse ; un costumier pour qu'il n'y ai aucun pli sur les vêtements, une maquilleuse pour les portraits, un décorateur pour le fond d'image. Sans parler des acteurs et actrices, habitués à donner la meilleure image d'eux-même.

 La seule difficulté vient du fait que le photographe de plateau représente le type le plus emmerdant qui soit pour tous les autres. Ses déplacements gênent les techniciens. Sa présence déconcentre les acteurs et personne ne comprend sa réelle utilité. Quant au preneur de son, il vous sait son plus grand ennemi dès que retenti le "Moteur !".
Néanmoins, ce sont des conditions de travail des plus agréables. Le rythme de tournage est, dans la plupart des cas très lent. Les temps de préparation de chaque scène sont longs. Et si vous avez la chance d'avoir Serge Henri sur la plateau, vous aurez droit à un sketch d'improvisation permanent. A l'opposé de Ildevert Méda qui profite du moindre moment de répit pour s'isoler et répéter son texte. En revanche, il ne faut pas compter ses heures. Il n'est pas rare qu'un tournage se prolonge tard la nuit.

Ouagadougou, tournage "Hakilitan - mémoire en fuite" de Issiaka Konaté, le 12 janvier 2012
                  CANON EOS 60D / CANON LENS EF 50 mm f/1.4
                  Distance focale : 50 mm
                  f/4.5
                  1/100 s
                  ISO 3 200



Ouagadougou, tournage "Hakilitan - mémoire en fuite" de Issiaka Konaté, le 12 janvier 2012

                  CANON EOS 60D / CANON LENS EF 50 mm f/1.4
                  Distance focale : 50 mm
                  f/2.5
                  1/160 s
                  ISO 3 200


Il est regrettable que la production cinématographique du Burkina Faso soit devenu aussi pauvre au fils des ans, malgré un FESPACO qui a longtemps été moteur pour la profession.